Bien voter, quelques points de réflexion
IntroductionCela veut donc dire que 4 électeurs sur 5 votent par sympathie ou en étant conditionné par une campagne psychologiquement bien faite. Le marketing politique reprend les recettes du marketing commercial.
On comprend dès lors mieux pourquoi un « super ministre européen » prendra 1 mois de congés pour aller caresser l’électeur dans le sens du poil et lui faire risette les yeux dans les yeux. Parce que c’est efficace.
Ce constat explique aussi pourquoi les socialistes ne payeront sans doute pas beaucoup en perte de voix les scandales récents.
Quels sont les points à examiner ?
Point 1
La case de tête
Elle ne sert qu’à favoriser ceux qui le sont déjà par la place qu’ils occupent sur la liste. Cela semble suffisant comme cela. A éviter donc
Point 2
La compétence des candidats
Aujourd’hui, le gestion d’une commune est aussi compliquée que celle d’une grosse PME. N’oubliez pas qu’elle est gérée avec l’argent de vos impôts et exige des compétences de plus en plus pointues. La gestion des finances, la recherche des subsides (et les dossiers à bien ficeler en plus des appuis « plus haut »), la gestion du personnel, du matériel, etc … ne peuvent se confier à des gens sans aucune compétence. Posez vous dès lors une question simple : est-ce que je confierais la gestion de mes économies ou mes choix d’acquisition d’une maison ou la décision de faire des travaux à la personne pour laquelle j’ai envie de voter? Renseignez-vous donc sur les compétences (pour un nouveau candidat) ou sur les réalisations concrètes (pour un mandataire en place).
Dans les scandales du logement social, les observateurs objectifs constatent qu’à côté de quelques comportements mafieux il y a surtout un manque de professionnalisme de la part de gens souvent dévoués à la cause sociale mais involontairement ignorants des arcanes du système.
Point 3
Les « vedettes », les apporteurs de voix
C’est le cas des candidats dont il est clair qu’ils ne sont là que pour attirer des voix pour un mandat qu’il ne rempliront pas. Nous recommandons de les éviter car ce n’est pas honnête de solliciter une place sans intention de l’occuper.
Toutefois, cela ne doit pas pour autant vous faire renier vos choix politiques. Cherchez donc sur la liste de votre cœur une personne compétente (voir point 2) et votez pour elle
Point 4
Les affiches
La même étude explique que l’électeur est soumis inconsciemment aux affiches (même s’il affirme toujours ne pas les regarder comme ceux qui disent ne jamais regarder la télé mais connaissent tous les feuilletons par cœur). Il sera favorablement sensible à celui qu’il aura vu. Mais s’il est matraqué par une énorme quantité d’affiches, une attitude d’agacement et de rejet est possible. Le conseil est donc d’éviter de s’arrêter devant les panneaux d’affiches qui, finalement, ne vous apprennent rien sur les candidats. Vous êtes manipulés !
Point 5
L’affectif
On entre ici dans les subtilités et la psychologie. Si vous aimez la musique classique et qu’un candidat est musicien, vous aurez envie de voter pour lui. Si vous aimez la nature, une affiche ou un dépliant avec des photos de nature aura le même effet. Méfiez-vous donc de ces attirances et retournez vite au point 2.
Point 6
Les promesses électorales
Une jeune candidate, interrogée par La Tribune de Bruxelles, a refusé de dire ce qu’elle était prête à prendre comme engagement pour cette élection en disant que engagement = promesse et elle n’en fera pas car peu de choses dépendent d’une seule personne.
Donc, les seules promesses à suivre sont celles de toute une équipe et, encore mieux, les promesses comparables faites par des équipes qui pourraient être alliées au pouvoir.
* « L’endoctrinement affectif du citoyen » par Gordy Pleyers pour son doctorat de psychologie publié aux éditions ULG. Info : gordy.pleyers@psp.ucl.ac.be